Santé #18 : Comment lutter contre le syndrome confusionnel du vieux chien ?

La surdité est souvent le premier trouble du comportement que l’on observe chez un chien vieillissant : en effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les vieux chiens entendent généralement bien, mais l’information qui arrive au cerveau n’est pas correctement interprétée, ou ne provoque plus de réaction : seuls les bruits vraiment très motivants (clés, croquettes), éveilleront encore de l’intérêt.

Dans les mois qui suivent l’apparition de la surdité, d’autres changements du comportement peuvent survenir : troubles « cognitifs » (le chien n’arrive plus à apprendre quoi que ce soit de nouveau, et oublie ce qu’il savait), troubles émotionnels (par exemple, le chien a peur sans raison), troubles de l’humeur (irritabilité).

 

Le domaine du comportement

Cela se traduit par des comportements inadaptés, et bien souvent par des nuisances pour l’entourage. Par exemple :

– Le chien somnole une partie de la journée, mais ne dort pas la nuit : il déambule, gémit, aboie au moindre bruit, hurle…

– Le chien oublie tout ce qu’il avait appris : il ne répond plus à son nom, fait ses besoins dans la maison sans avoir demandé à sortir, va dans les pièces qui lui sont interdites et où il n’allait pas autrefois…

– Le chien devient irritable, grogne sans arrêt, ne tolère pas qu’on le brosse ou qu’on le manipule alors qu’il le supportait bien avant

– Le chien est désorienté : il demande à sortir, et veut tout de suite rentrer ; on le trouve parfois immobile au milieu du jardin ou au milieu d’une pièce, les yeux dans le vague ; il se trompe dans le sens d’ouverture des portes, ou bien reste planté devant un mur ou un meuble, sans avoir l’idée de contourner ce dernier ; il se perd sur un trajet qui lui était familier…

– Le chien devient anxieux : il a peur de rester seul, et hurle à la mort, aboie, détruit ou salit la maison lorsqu’on le laisse. Il se met à avoir peur de personnes, de choses ou de bruits qui le laissaient autrefois indifférent

– Le chien devient plus distant, (il se replie sur lui-même, s’isole du reste de la famille), ou au contraire plus collant : il suit ses propriétaires partout, il devient impossible de s’en débarrasser

– Le chien se lèche l’extrémité d’un membre, au point de créer une lésion.

 

L’ensemble de ces troubles est généralement désigné par le terme de dépression d’involutionou encore de syndrome confusionnel du vieux chien. Ceci peut être du tout naturellement au vieillissement des cellules du cerveau (phénomènes de rigidification des membranes cellulaires, d’oxydation…), mais d’autres facteurs, comportementaux ou organiques, peuvent déclencher ou accélérer la survenue d’une dépression d’involution :

– Une brusque rupture d’activité chez un chien vieillissant : comme un nouveau retraité qui ne sait plus quoi faire de son temps, le chien de chasse ou de travail récemment mis à la retraite peut développer une dépression d’involution

– Un changement brutal dans son environnement : déménagement, arrivée d’un jeune chiot qui le perturbe dans ses habitudes…

– Une douleur chronique, (arthrose, otite chronique, douleur dentaire), source d’irritabilité

– Un dérèglement hormonal (hypothyroïdie, hypercorticisme)

– Une tumeur cérébrale.

 

Alors, que faire pour l’aider ?

Il convient tout d’abord de repérer les signes de dépression d’involution : la reconnaître, et ne pas la considérer comme une fatalité. On ne doit pas se dire : c’est normal, le chien est vieux, il n’y a rien de plus à faire.

Résultat de recherche d'images pour "vieux chien"Les facteurs favorisants mentionnés ci-dessus doivent être détectés, et si possible corrigés : anti-inflammatoires pour l’arthrose, extraction des dents douloureuses, bilan sanguin pour diagnostiquer les déséquilibres hormonaux et pouvoir les traiter.

La dépression d’involution elle-même peut être traitée à la fois médicalement (il existe des médicaments et des aliments spéciaux pour ralentir le vieillissement des cellules cérébrales, et favoriser la transmission de neuromédiateurs comme la dopamine, dont l’activité est ralentie chez le chien âgé), et d’un point de vue comportemental. Quelques mesures simples :

– Replacer le chien au centre de la famille : un vieux chien dépressif a tendance à s’isoler. Comme en plus il est parfois devenu malpropre, irritable, il est moins intéressant et on a tendance, consciemment ou non, à moins s’en occuper. Il faut organiser quelques séances de jeu bien ritualisées (deux ou trois séances de cinq minutes par jour suffisent), au cours desquelles le chien redevient le roi de la famille

– Organiser des jeux simples, auxquels le chien est sûr de gagner, afin de faire travailler son cerveau (comme une personne âgée qui fait des mots croisés ou apprend des textes par cœur pour entretenir sa mémoire). Par exemple, présenter au chien trois gobelets en plastique retournés, et lui faire deviner sous lequel est dissimulée une friandise. Ou encore lui faire rechercher de la nourriture, cachée quelque part dans la maison.

 

Conclusion

Toutes ces anomalies comportementales peuvent être signalées lors des visites de santé, et notamment lors de la consultation vaccinale annuelle. Il est aussi possible de faire pratiquer un bilan de santé annuel sur votre chien, au-delà de six ans (races géantes) à neuf ans (petites races). Ce bilan permettra de dépister précocement certaines maladies, et donc de prolonger la vie de l’animal dans les meilleures conditions possibles.

 

 

Source :

cliniqueveterinairecalvisson.com

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