Histoire de chien #8 : Des chiens en laisse à la préhistoire !

Sur les parois rocheuses du site d’art rupestre de Shuwaymis, dans le nord-ouest de l’Arabie Saoudite, une équipe d’archéologue a découvert une étrange scène gravée. On y voit un chasseur qui semble lever son arc pour tirer. Il est accompagné de treize chiens et, étonnamment, deux d’entre eux semblent être tenus en laisse.

 

La découverte de peintures murales vieilles de 10.000 – 11.000 ans

Dans un article qui vient de paraître dans la revue scientifique Journal of Anthropological Archaeology, repris par Science Mag, l’archéologue Mario Guagnin de l’Institut Max-Planck pour les sciences humaines (Allemagne) explique avoir examiné, avec son équipe, plus de 1 400 parois rocheuses sur les sites de Shuwaymis et de Jubbah (Arabie Saoudite). Sur certaines d’entre elles,  des dizaines de représentations de chiens domestiqués ont été mis à jour. Selon les archéologues, ces œuvres auraient été réalisées au cours du huitième, voire du neuvième, millénaire avant Jésus-Christ, ce qui en ferait les plus anciens témoignages jamais découverts de cette amitié de l’Homme avec le chien. C’est aussi les premières représentations de chiens en laisse connues de la Préhistoire.

Image composite d’une scène de chasse gravée sur les parois du site de Shuwaymis. Un chasseur tient deux chiens en laisse par la taille. © Journal of Anthropological Archaeology, Maria Guagnin, Max Planck Institute for the Science of Human History

Image composite d’une scène de chasse gravée sur les parois du site de Shuwaymis. Un chasseur tient deux chiens en laisse par la taille

Les chiens gravés ressemblent beaucoup au chien de Canaan actuel. Impossible de les confondre avec les hyènes ou les loups, qui sont aussi représentés sur ces roches. Les origines de ces canidés sont cependant incertaines, indiquent les archéologues : « Ont-ils été introduits dans la péninsules arabique depuis le Proche-Orient ou représentent-ils une domestication indépendante de chiens issus des loups d’Arabie ? », interrogent-ils.

Quelque 156 chiens ont été comptés à Shuwaymis et 193 à Jubbah. Certains sont attachés à la taille des chasseurs qui ont alors les mains libres pour décocher leurs flèches. Il pourrait s’agir des chiens les plus jeunes, encore en apprentissage, proposent les auteurs de l’étude, tandis que les individus les plus âgés, eux, courent en liberté.

« Cela suggère que non seulement certaines populations humaines contrôlaient leurs chiens de chasse au pré-Néolithique mais que certains chiens pouvaient effectuer des tâches différentes, écrivent-ils. Certains peuvent être utilisés uniquement pour suivre les odeurs de proies, tandis que d’autres sont utilisés pour attaquer les proies, protéger les chasseurs, ou aider à transporter la viande au camp ». Ces scènes témoignent en effet d’un « haut niveau de contrôle sur les chiens de chasse » à cette période, avant même les débuts des communautés agricoles.

Il y a une forte ressemblance entre le chien moderne de Canaan (en haut) et les chiens représentés il y a plus de 8.000 ans sur le site de Shuwaymis (en bas). © Journal of Anthropological Archaeology, Maria Guagnin, Max Planck Institute for the Science of Human History et Alexandra Baranova, CC

Il y a une forte ressemblance entre le chien moderne de Canaan (en haut) et les chiens représentés il y a plus de 8.000 ans sur le site de Shuwaymis (en bas)

Conclusion

Dans les scènes de chasse de deux sites d’art rupestre d’Arabie saoudite datant du pré-Néolithique, des dizaines de chiens sont gravés en compagnie de l’Homme. Quelques-uns sont représentés en laisse tandis que d’autres sont en liberté. Cette découverte donne de précieuses indications sur les relations qu’entretenaient nos ancêtres avec les canidés avant les débuts de l’agriculture.

 

Sources :

futura-sciences.com

sciencedirect.com

mashable.france24.com

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