Histoire de chien #7 : L’histoire de Snuppy, le premier chien cloné

Le 5 juillet 1996 est né le premier mammifère cloné, Dolly, une brebis écossaise. Elle est née au Roslin Institute en Écosse. Elle est décédée 6 ans plus tard de complication pulmonaire. Cette expérience réussie a ouvert la route à de nombreux clonages de mammifères : souris, vache, cochon, chat, rat, jument…

Puis en 2005, des chercheurs sud-coréens sont parvenus, pour la première fois, à cloner un chien.

 

L’histoire de Snuppy

Ils en ont rêvé. Ils l’ont fait. Des biologistes coréens ont cloné un chien grâce à l’utilisation in vivo d’ovocytes matures.  Pas un caniche de poche, pas un chien polaire, ni un pékinois, mais un lévrier afghan baptisé Snuppy (pour Séoul National University puppy), un nom qui rime avec Dolly, la première brebis clonée de l’Histoire, qui n’a pas fait pourtant de vieux os. Percluse d’arthrite, il a fallu l’euthanasier. Elle avait six ans. L’espérance de vie d’une brebis « normale » est de vingt ans.

Résultat de recherche d'images pour "snuppy premier chien cloné"Snuppy est, lui, un beau spécimen, haut sur pattes comme tous ses congénères, en tout point semblable à son père, un lévrier afghan de trois ans, au pelage noir et blanc… et qui ne se doute de rien. Pour réaliser ce clonage, ces chercheurs ont utilisé la technique dite de transfert de noyaux somatiques. Ces noyaux ont été obtenus par prélèvement dans la peau d’une oreille du père pour être injectés dans les cellules sexuelles (ovocytes) de la mère porteuse. Après développement en laboratoire, les embryons obtenus ont été transplantés dans l’utérus de la femelle.

Si, dans les années 2000, les annonces de clonage semblaient se multiplier, l’évènement reste une prouesse scientifique. En effet, les chiens sont des animaux particulièrement difficiles à cloner, en raison de la difficulté d’obtenir des ovocytes matures. Il aura donc fallu, trois ans de recherche après le clonage du premier chat, plus d’un millier d’embryons qui ont été implantés sur 123 chiennes pour obtenir en fin de compte trois débuts de grossesse dont deux sont arrivés à terme. Le « frère » de Snuppy est mort de pneumonie, seulement 22 jours après sa naissance, son corps précisent les scientifiques, ne présentait aucune anomalie anatomique notable. Puis Snuppy est arrivé et, lui, se porte à merveille. Les tests ont confirmé, assurent les chercheurs coréens, qu’il est génétiquement identique à son papa âgé de trois ans.

Snuppy connaîtra une vie de chien… de laboratoire. En 2008, les chercheurs coréens sont même parvenus à faire naître quatre chiots à partir des cellules de Snuppy. L’un d’entre eux est mort des suites d’une diarrhée très forte, quelques jours après sa naissance. Mais selon les auteurs de l’étude, « la mort de l’un de nos chiots « reclonés » est représentative de ce qu’il se produit communément dans une portée de chiots conventionnelle ». Pour les scientifiques sud-coréens, « le suivi clinique et moléculaire de ces « reclones » tout au long de leur vie fournira une occasion unique de comparer la santé et la longévité de ces animaux avec celles des donneurs ». 

Le premier chien cloné au monde, Snuppy, et ses chiots, le 5 septembre 2008 à Séoul (Corée du Sud). 

Les chiots issus des cellules de Snuppy : ce ne sont pas des chiens clonés, mais plutôt « reclonés » !

Snuppy est mort en 2015 à l’âge de 10 ans, alors que son donneur, Tai, a quant à lui vécu 12 ans. Ce qui correspond à l’âge de vie moyen des lévriers Afghan qui est de 11,9 ans. Ces deux chiens sont morts des suites d’un cancer.

 

Le clonage

Cloner son chien est donc possible, mais cela n’est pas donné à tout le monde. En effet, le prix de ce service proposé par la société Sooam Biotech reste très élevée, à savoir 100 000 dollars, soit environ 80 000 euros pour faire cloner son chien mort !

Il peut être étonnant de se demander si faire cloner son chien est une bonne idée et rien que la somme à débourser pour envisager cette option rend ce procédé inenvisageable pour une majeure partie de la population.

Mais, cette “avancée” scientifique n’est elle pas dangereuse ? Vouloir cloner son chien, c’est chercher à éviter de faire son deuil. Affronter la mort de quelqu’un ou d’un animal qui nous est proche est certe compliqué, mais il s’agit pourtant d’une étape aussi naturelle qu’essentielle. Cela nous ramène à notre propre mort et bien que cela ne soit jamais simple, apprendre à accepter la finalité de notre vie et celle de ceux qui nous entourent est un travail que nous devrions tous faire sur nous.

Il faut comprendre que même si cloner son chien mort revient à adopter “exactement” le même chien vis à vis de son ADN, une grande partie des traits de caractère de votre chien ne vient pas de son ADN, mais des expériences qu’il a vécu tout au long de sa vie. C’est pourquoi même si vous cherchez à cloner votre chien, vous ne pourrez jamais avoir le même chien en termes de comportement et de caractère tout simplement car nous changeons tous et qu’il est strictement impossible de faire revivre au clone toutes les expériences que votre chien avait vécu.

Le clonage, en définitive, c’est comme bon nombre d’inventions : la meilleure et la pire des choses. Dans la longue série des clonages réussis, une Américaine aurait payé 50 000 dollars le clonage de son chat préféré. Celui du chien est particulièrement important, parce que les chiens possèdent 203 gênes utiles à l’étude des maladies humaines, contre seulement 65 chez le cochon. On se doutait bien aussi que nous avions plus d’affinités électives avec le premier qu’avec le second. On ne s’attendait pas pour autant à voir arriver sur le devant de la scène, tout frais émoulu des laboratoires, un chiot qui jappe, qui court et qui, de surcroît, n’a pas l’air idiot.

Le clonage serait-il la réponse moderne à la fameuse réplique shakespearienne « to be or no to be » (être ou ne pas être) ? On sait bien que le clonage, interdit pour la reproduction des humains, tout au moins dans une bonne majorité de pays européens dont le nôtre, est une authentique avancée scientifique lorsqu’il permet la reproduction des cellules mères à des fins thérapeutiques. Le clonage des animaux est une étape intermédiaire. L’arche de Noé recueille déjà des rats, des mulets clonés en attendant tous les autres qui ne sauraient tarder. Inutile de récriminer. Nous voilà bien lancés aux trousses de mère nature, ni la gémellité parfaite des jumeaux monozygotes, ni les droïdes du film « Star Wars » qui se multiplient à l’envi et à l’identique, ne sauraient combler notre appétit de conquête du vivant.

 

Conclusion

La naissance de Snuppy fut un jalon de plus vers le futur où il semble bien que les humains seront appelés à devenir moins uniques que ceux d’hier. Les Martiens après tout ne sont pas là où l’on pense. Ils sont à l’état virtuel déjà dans nos éprouvettes. C’est peut-être le moment de nous rappeler qu’il y a un demi-millénaire, un poète qui s’appelait François Villon, s’adressait à nous en des termes que nous pouvons à notre tour endosser par-delà les siècles :

« Frères humains qui après nous vivez,

N’ayez les cœurs, contre nous, endurcis. »

 

 

Sources :

futura-science.com

sciencesetavenir.fr

ladepeche.fr

francetvinfo.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *