Histoire de chien #2 : D’où provienne les différentes races de chien ?

L’ancêtre du chien ne serait donc pas 100% asiatique, comme le pensaient la plupart des généticiens. Mais il serait issu d’un croisement entre un cousin domestiqué en Asie de l’Est et un autre domestiqué en Europe de l’Ouest.

Trois espèces de canidés sur 38 sont très proches du chien et comme lui appartiennent au genre canis : les coyotes (canis latrans), les chacals (canis aureus) et les loups (canis lupus).

Depuis les premières domestications, c’est la sélection humaine qui a modifié l’aspect physique du chien. Les premiers chiens domestiqués devaient beaucoup ressembler au loup. Au fil des millénaires, en croisant telle variété avec telle autre, nous avons abouti à une explosion de physiques très différents.

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Les premières domestications (à partir de -15 000 ans et -12 500 ans)

Selon la théorie la plus probable, les premiers chiens domestiques descendraient de canidés sauvages qui vivaient à proximité de colonies humaines. Attiraient là par les restes alimentaires que ces premiers hommes jetaient au pied de leurs camps. Au fil du temps, les individus les moins peureux se sont rapprochés de l’homme et ont fini par constituer une race distincte. Chacun devait y trouver son compte, le canidé veillait sur le campement de l’homme quand celui-ci s’endormait et l’aidait à chasser et en retour, le canidé se nourrissait des restes des proies.

Pétroglyphes datant de l’Age du Bronze, représentant trois hommes avec des haches accompagnés de chiens

A partir de ses premiers chiens, l’homme a développé l’ensemble des races canines qui existent aujourd’hui à l’aide d’une technique appelée l’élevage sélectif. Cette technique consiste à faire reproduire uniquement les individus qui possèdent les traits de caractère ou de comportement souhaités.

 

Classification selon la taille (de l’Antiquité au 12ème siècle)

Bien avant que nous fixions par écrit les critères de chaque race, la distinction entre chiens s’effectuait par la taille. On parlait simplement de petits ou de grands chiens.

Résultat de recherche d'images pour "chien de l'antiquité"Les grands chiens étaient utilisés à l’extérieur pour différents labeurs tandis que les petits servaient à chasser les rongeurs.

Cependant, dans l’Egypte antique, le chien était déjà considéré comme un animal de compagnie. D’après les inscriptions découvertes sur de nombreuses tombes, on leur donnait déjà de petits noms, identiques à ceux que l’on donne aujourd’hui à nos compagnons.

Dans la Rome antique, le molosse dressé au combat et ancêtre du mastiff, est également utilisé comme chien de garde. A Pompéi, on utilisait déjà la fameuse mise en garde « Attention au chien » sur la porte des demeures. L’inscription latine était « Cave canem ».

En l’an 1000 avant notre ère, en Chine, la mode des mini-chiens fait son apparition. La cour impériale s’entiche du happa, un petit chien trapu au nez écrasé. En le croisant avec le maltais, il donnera naissance au pékinois. Les Chinois ont bridé la croissance de ce croisement en enfermant les chiots dans de minuscules cages et en leur écrasant le museau avec un bâton en bois. C’est le produit de ce croisement qui donnera l’impulsion  pour l’élevage des petits chiens de race.

 

Première distinction entre les races (à partir du 12ème siècle)

Résultat de recherche d'images pour "chien a la cour du roi louis"C’est au 12ème siècle, dans les cours royales d’Europe, que les premières distinctions de races apparaissent. Des décrets virent le jour et signifiés que seule la cour royale a le droit de détenir pour ses chasses des mastiffs et des lévriers, les deux grandes variétés de l’époque.

En dehors de ce cadre, une dérogation pouvait être fournis à un noble s’il possédait un mastiff ou un lévrier. Mais, il fallait couper trois griffes afin que les chiens ne puissent pas blesser les cervidés réservés aux chasses royales.

Cette distinction qui a perduré jusqu’au début du 20ème siècle allait de paire avec la classe sociale. C’est ainsi que l’on commence à distinguer le chien de race du bâtard. Les nobles et les aristocrates sélectionnaient eux-mêmes les races. Les chiens étaient destinés à la chasse mais également par la suite pour être des animaux de compagnie.

Les classes populaires, les paysans puis plus tard les ouvriers dressaient leurs chiens pour le travail.

 

Résultat de recherche d'images pour "johannes caius"En 1576, dans son traité  de « chiens anglais », le médecin Johannes Caius recense par écrit les différentes catégories de chiens. Il les classe en fonction de la tâche qu’on leur confie :

  • Chiens affectés à la chasse
  • Chiens affectés au service en cuisine
  • Chiens dénicheurs de proies dans les terriers
  • Chiens de garde
  • Chiens de combat.

 

Au cours des 16ème et 17ème siècles, navigateurs, colons et soldats européens traversèrent les océans en emmenant leurs chiens. Ils ramenèrent de leurs périples de nouvelles variétés qui ont accéléré l’hybridation de l’espèce canine.

 

La révolution industrielle (au 19ème siècle)

La révolution industrielle en Europe et en Amérique du Nord au 19ème siècle a été directement responsable de ce que l’on peut appeler une classe ouvrière de chiens.

Résultat de recherche d'images pour "chien actionnant une roue révolution industrielle"Beaucoup de paysans sont attirés par la ville, à la recherche de travail. Les chiens deviennent de véritables outils.
Autant dire que tous ces animaux ont eu une existence empreinte de souffrance. Certains sont dressés pour tourner inlassablement les roues qui actionnent les broches des rôtissoires ou les pompes à eau. D’autres servent à tracter des charrettes qui livrent le lait. De nombreux chiens sont utilisés comme commissionnaires pour transporter des seaux ou tout autre objet.

Tous ne sont pas maltraités. Par exemple, les premiers chiens sauveteurs font leur apparition à Paris à la fin du 19ème siècle. C’est une idée du préfet de police Louis Lépine qui souhaite trouver une solution à l’alarmante augmentation du nombre de suicides par noyade dans la Seine. L’équipe de chiens sauveteurs est composée de 7 terre-neuve. Ces chiens sont réputés pour leurs qualités de nageurs. Ils sont rapidement devenus la coqueluche des Parisiens.

Toujours au 19ème siècle, les chiens sont utilisés pour les combats. En France, les bouchers parisiens sont célèbres pour leur élevage de chiens de combat. Des bouledogues ou des dogues de Bordeaux sont dressés pour combattre des ours, d’autres chiens voire de malheureux ânes. Certains de ces gladiateurs canins, particulièrement féroces, sont devenus célèbres et leurs exploits ont été vantés dans les journaux de l’époque.

 

Des premières expositions canines (au début du 19ème siècle) à nos jours

C’est au début du 19ème siècle qu’émerge en Europe et aux Etats-Unis la classe moyenne qui est typiquement urbaine.
Cette classe est friande du chien dit « animal de compagnie ». Ce dernier est déjà choyé par l’Aristocratie.

En parallèle, les paysans qui arrivent en ville pour trouver du travail sont accompagnés de leurs chiens. Ces grands chiens, jusque là habitués à la vie en plein air, se retrouvent confinés dans des appartements exigus.

Peu à peu, on décide de ne plus définir les chiens en fonction des tâches qu’ils effectuent mais plutôt sur leurs caractéristiques physiques.

Résultat de recherche d'images pour "première expositions canines"C’est à partir de la moitié du 19ème siècle que les éleveurs et les vendeurs organisent les premières expositions. Ils y font admirer les nouvelles variétés issues de sélections.

En 1859, apparaît aux Etats-Unis et en Europe, les premières grandes expositions canines officielles mais également les premiers standards.

Les premiers chenils d’élevage voient le jour. Un inventaire précis des caractéristiques physiques de chaque variété est mentionné par écrit.

En 1873 est fondée la fondation du Kennel Club britannique, en 1884, l’American Kennel Club et en 1888, le Canadian Kennel Club. Ces associations sont consacrées à la promotion et à la sauvegarde des races. Les chiens sont inscrits sur des registres. On y mentionne la race mais également toute la lignée reproductrice.

Depuis, l’engouement du public pour les chiens de race ne s’est jamais éteint. Au 21ème siècle, il nous restera encore à éradiquer la maltraitance et l’augmentation inquiétante du phénomène animal/objet. Suivant les termes des articles 524 et 528 du code civil, le régime juridique actuel de l’animal l’assimile à un bien meuble. Ce régime juridique a fait l’objet de plusieurs demandes de modifications, restées à ce jour sans suite. Tant que notre code juridique considérera l’animal comme un meuble, les échanges mercantiles, les trafics et les usines à chien auront tout loisir de s’épanouir. Mais, sans une réelle volonté des pouvoirs publics, il ne faut pas espérer voir disparaître ce marché très lucratif dans lequel le bien-être animal ne tient aucune place.

 

Conclusion

Il est difficile de donner un nombre précis car certaines races ne sont pas reconnues par certains pays ou certaines organisations. Néanmoins, la Fédération Cynologique Internationale reconnaît 341 races de chiens. Mais, en consultant les listes de races, on peut facilement en dénombrer plus de 385. Toutes les races de chiens sont classées dans 10 groupes, du Chien de berger au Lévrier, en passant par le Chien d’arrêt ou encore le Chien d’agrément. Chaque groupe est à nouveau divisé en plusieurs sections. Chaque race de chien est la « propriété » d’un pays. Le pays propriétaire d’une race en établit le standard, c’est à dire la description détaillée du type idéal de la race. Certaines races ont disparu d’autres ont été crées par l’homme et peuvent être malheureusement quelquefois atteintes de tares héréditaires.

 

 

Sources :

dinosoria.com

cnrs.fr

jaitoutcompris.com

entre-chien-et-nous.fr

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