Bonnes manières #1 : Au secours ! Mon chien monte ma jambe !

Vous l’avez tous déjà vu ou vécu, cet instant gênant où un chien monte et se frotte sur une jambe d’un invité ou de vous-même. Beaucoup de personnes croient qu’il ne s’agit que d’un acte sexuel, que le chien qui adopte cette posture idoine après vous avoir immobilisé la jambe cherche à vous prouver son amour, mais pas seulement! En réalité ce comportement est essentiellement pour eux un moyen d’affirmer leur dominance. En l’occurrence, le seul sentiment qui l’anime est celui de sa supériorité. Le chien cherche à prendre l’ascendant sur vous et vous le démontre à sa façon. De vous à lui, cela est inadmissible et vous devez absolument mettre fin à sa démonstration pour restaurer l’ordre hiérarchique qui vous place naturellement (ou socialement) au-dessus de lui. Toute la question est de savoir comment.

 

Chez les chiots

Dès l’âge de trois semaines, on peut déjà observer ce comportement chez les chiots. Ils apprennent le comportement social et le langage de l’espèce, hors, le chevauchement du congénère est inscrit dans les gènes et apparaît à cet âge là, non pas avec une connotation sexuelle mais plutôt comme un acte qui vise à contrôler l’autre, à le « dominer ». On peut remarquer que cela n’est pas l’apanage des mâles mais que les femelles également ont la même attitude qui équivaut à la saisie du museau ou de la gorge dans les combats ludiques.

 

Entre chiens adultes

On retrouvera ces mimiques entre chiens adultes du même sexe ou de sexe opposé, en dehors des périodes de rut, pour les mêmes raisons.

Tant que cela se produit de manière épisodique nous sommes dans une expression naturelle du comportement, on s’inquiétera s’il s’agit d’une obsession et qu’il ou elle le fait de manière continue. Cela peut être le résultat d’un manque de stimulations ou d’un stress ressenti dans le milieu, ce qui est souvent le cas dans les chenils surpeuplés. Au début il s’agit d’un comportement anodin de dominance, puis le chien se rend compte que les frottements répétés lui procure du plaisir.

L’un des critères d’appréciation qui permet d’établir qu’il s’agit d’un trouble du comportement, c’est que la séquence de copulation se poursuit longtemps avec des poussées du bassin. Cela peut être le fait d’un mâle ou d’une femelle.

 

Chevauchement de personnes

C’est envers les personnes que ce comportement est gênant, ou même dangereux, avec les enfants ou les personnes âgées qui peuvent être griffés et poussés à terre.

Résultat de recherche d'images pour "chien qui monte une jambe"Il peut s’agir comme avec les autres chiens d’une tentative de dominance. On le remarque notamment chez les chiens mal hiérarchisés, ceux qui ont un maître trop permissif qui laissent tout faire.

On peut également retrouver ce comportement chez des chiens n’ayant pas eu une socialisation correcte aux congénères à l’étape chiot. Il ne faut pas oublier que c’est pendant la période de l’imprégnation, que le jeune chien va identifier l’image de l’objet sexuel pour plus tard. S’il voit très peu de chien (départ trop tôt de l’élevage) ou pire encore s’il n’en voit aucun (chiot orphelin élevé au biberon), il considérera l’humain comme son espèce et si plus tard l’odeur d’une femelle en chaleur vient jusqu’à lui, il ne cherchera pas à la rejoindre mais essaiera de « monter » sur un humain. On a vu des chiens élevés avec des chats ou avec des poules, tenter de copuler avec eux plus tard.

Il faudra différencier également, l’excitation passagère en percevant les effluves des phéromones d’une femelle en rut, qui poussent par frustration le mâle à s’exciter sur un meuble, un coussin, ou la jambe du maître et, la manie sexuelle permanente de l’animal qui a découvert comment s’auto stimuler.

 

Mais comment réagir pour remédier à cette mauvaise habitude ?

Dans la mesure où il s’agit généralement d’un acte de domination, la solution consiste à lui ôter sa portée sociale en renchérissant dans l’autorité. Pour cela, le plus simple est de contraindre le chien à l’obéissance. Beaucoup de gens sont stupéfaits de constater qu’un ordre simple suffit généralement à décourager ce type de comportement. Au cours du dressage, le chien apprend en effet à se soumettre à l’autorité de son maître. Si de temps à autre il s’oublie et cherche à lui imposer la sienne, un « Non » un peu insistant suffit à le rappeler à ses devoirs. Il faut ensuite l’écarter, le calmer en lui imposant de rester « Assis » ou « Couché » une à deux minutes, et ne pas hésiter à répéter ces consignes aussi souvent que nécessaire, sans s’énerver, ni punir. L’être humain confirme ainsi son statut et le chien renonce bientôt à le lui contester.

Il arrive cependant qu’il insiste, surtout s’il a les qualités physiques propres aux dominants, et un maître par trop indulgent ou timoré. Pour le décourager, il convient là encore de s’en prendre à la composante sociale de cette manifestation de domination, en s’abstenant de tout contact physique avec le chien et en refusant de lui prêter attention. Si vous avez à faire à un chien qui s’obstine dans ce comportement, laissez-lui tout simplement une laisse accrochée en permanence à son collier. Chaque fois qu’il fait mine de vouloir monter quelqu’un – vous-même, un enfant, un invité -, attrapez la laisse et enfermez le seul dans une pièce afin de l’isoler physiquement pendant deux à trois minutes. Au bout de ce délai, admettez-le à nouveau en votre compagnie, sans le gronder ni lui adresser de reproches. Cette technique peut prendre du temps  avant de porter ses fruits, de quelques jours à quelques semaines, surtout si cela fait plus d’un an que le chien exprime ainsi sa domination.

Quelque fois, le chien peut également avoir ce comportement sur des objets- des coussins, une couette… C’est un phénomène de compensation typique. Maintenant qu’il a moins de succès avec les personnes, il va chercher à affirmer son autorité sur autre chose, n’importe quoi, un coussin, au besoin. Retirez-lui les objets qu’il essaie de monter, et chaque fois qu’il s’invente un nouveau substitut traitez-le comme s’il s’agissait d’une personne, en l’enfermant, mais jamais plus de trois minutes.

 

Conclusion

L’important est de se souvenir que ce que nous prenons pour un simulacre de rapport sexuel n’ai en réalité pas toujours le cas. Ce comportement fait partie d’un système de communication et qu’il s’agit d’un signal servant au chien à exprimer sa supériorité sociale. L’isoler chaque fois qu’il se conduit ainsi reviens à rendre ce mode de communication inutile. N’ayant plus personne à qui imposer sa domination, il finira par abandonner ce signal devenu sans objet.

 

 

Source :

Comment parler chien ; un livre de Stanley Coren

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