Education #5 : Apprendre à dire « Non » à son chien

C’est le deuxième mot que votre loulou devra apprendre à connaître, après son nom. Savoir dire « Non » à son chien n’est pas compliqué mais absolument indispensable.

 

Pourquoi il est essentiel de savoir dire « Non » à son chien ?

Alors oui, lorsqu’il vous regarde avec sa petite bouille et ses gros yeux, cela peut paraître difficile. On a envie de le câliner et de lui donner tout ce qu’il réclame mais ne vous faites pas avoir car si vous cédez une fois, il recommencera encore et encore. Alors, on peut se dire « ce n’est pas grave, ça passe pour cette fois » mais c’est tout l’inverse ! Imaginez, par exemple, une race de chien de grande taille, chiot ce n’est encore qu’un petit bout tout mignon qui viendra vous accueillir en sautant dans vos pattes, attendrissant… mais maintenant imaginez la même chose une fois qu’il aura atteint l’âge adulte et ses 60 kilos qui vont avec, c’est déjà beaucoup moins drôle !!

Pour éviter cela, il faut apprendre à dire « Non » à son chien, c’est une façon de lui offrir un cadre en lui fixant des limites pour pouvoir le contrôler. Garder bien à l’esprit, qu’il est plus facile de faire que de défaire, d’où l’importance de prendre tout de suite les bonnes habitudes.

Résultat de recherche d'images pour "chien a qui on dit non"Dès sont plus jeune âge, le maître inculque certaines règles à son chien, afin de pouvoir vivre en harmonie avec lui. C’est le cas, par exemple, des maîtres qui ne veulent pas que leur chien monte sur le canapé, ou vive à l’intérieur. À contrario, d’autres n’y verront aucun inconvénient et vont jusqu’à leur apprendre à dormir dans le même lit. Ceci, reste une affaire de point de vue propre à chacun. Ce qui est important de retenir, c’est que pour chaque maître, il y a des choses que le chien peut faire (assimiler au bien) et des choses qu’il ne peut pas faire (assimiler au mal). Le chien se calque alors sur les désirs du maître pour respecter plus ou moins ses choix. Plus ou moins, parce qu’il n’est pas non plus un robot, il reste un part de libre arbitre en lui (primitif), qui vont notamment l’inciter à avoir certains comportements inacceptables, comme grogner, devenir agressif, désobéir, tester son maître… Voir le faire tourner en bourrique !

Même si la notion de dominant / dominé est largement débattue aujourd’hui, il n’en est pas moins que le but premier (on parle d’instinct primitif) de l’animal reste de se reproduire et de se faire une place. Au sein de sa famille, le chien qui n’arrive pas à s’identifier à sa place, cherchera en permanence à remplacer son maître. Pour illustrer ces propos, tout le monde a déjà vu chez soi ou chez les autres, la scène du petit caniche à mamie couché sur le canapé qui grogne sur quiconque s’en approche pour s’y asseoir (humain ou chien). Dans ce cadre, le chien se prend pour le chef, s’approprie le canapé et décide de qui doit monter et qui ne doit pas monter en grognant, aboyant voir pinçant les autres. Si certaines personnes (en général, le maître) peuvent y voir une fierté « parce que son chien le défend », il s’agit là d’un comportement inacceptable. Pour le comprendre, il suffit tout simplement de s’imaginer un chien de 50 kilos à la place du petit caniche et là, étrangement, on crie « au chien dangereux » (alors que le comportement reste le même, seul la taille change) !

Généralement, on arrive à ce genre de comportement, parce que le maître ne sait pas dire « Non » à son chien. Ils pensent qu’en imposant des limites, ils deviendraient indignes de posséder un animal parce qu’ils le privent de sa liberté d’agir. Dans le même ordre d’idées, certains s’imaginent que leur chien ne les aimera plus, ou les délaissera / rejettera si jamais ils leur interdisent quoi que ce soit. Et par-dessus ça, on a également certains maîtres qui ont peur de l’image rendue si jamais ils doivent rappeler à l’ordre leur chien en plein milieu du centre-ville. Par ailleurs, si on parle ici de chien, on constate également le même problème vis-à-vis des enfants. Ce qui est significatif quand on sait que la majorité des personnes qui ont ces craintes, sont celles qui justement considère leur chien comme leur enfant et/ou qui font un transfère d’amour maternel de l’enfant vers le chien, parce que le bébé est parti de la maison.

Alors mettons les choses à plat une bonne fois pour toute. Est-ce que le chien aimera moins son maître si jamais celui-ci lui dit « Non » ? Non. Est-ce qu’il rejettera son maître ? Non. Au contraire, savoir rester intransigeant face à son chien, c’est lui apprendre les règles de la vie (parce qu’il n’est pas tout seul, il y a d’autres chiens, animaux et humains). C’est lui apprendre à accepter que tout ne lui est pas dû, c’est lui donner un équilibre mental et affectif. Car qu’on se le dise, ces chiens à qui on autorise tout, souffrent d’angoisse, d’hyper-attachement, et certains d’entre eux peuvent même aller jusqu’à développer des crises d’épilepsie. Il en va de même avec la nourriture, c’est pourquoi on assiste à un fléau de plus en plus présent concernant l’obésité du chien et toutes les conséquences que ça entraînent. Finalement, dire « Non » à son chien est un mal pour un bien. Il faut en prendre conscience et s’y tenir, pour son bien-être.

 

Comment faire pour apprendre le « Non » à son chien ?

Une méthode consiste à provoquer une situation dont vous savez à l’avance qu’il sera tenté de faire quelque chose qui ne vous plait pas.

Et pour vous aider à cela, le meilleur outil pour dresser votre chien à l’ordre « Non » reste la laisse.
Pour faire simple il faut donner un petit coup sur la laisse (et pas sur le chien !) à chaque mauvais comportement tout en disant « Non » à son chien. Ça paraît simple mais malheureusement la plupart des maîtres ne savent pas utiliser leur laisse efficacement.

Pour utiliser efficacement la laisse de votre chien, il faut apprendre à donner un coup et à relâcher de façon très rapide (vous ne devez pas forcer, la laisse doit rester tendue 2 secondes à peine). Votre chien ne doit pas décoller du sol, sa tête ne doit même pas bouger. L’important c’est votre vitesse d’exécution, la force n’a aucun intérêt. D’ailleurs la force n’est d’aucune utilité pour dresser son chien (même pour les chiens de grande taille).

 

Par exemple avec un appât :

  • Résultat de recherche d'images pour "chien laisse friandise"Demandez à un ami de mettre une friandise par terre, sans qu’il soit vu par le chien, ou faite le vous même si vous le pouvez.
  • Prenez le chien par la laisse et dites-lui « Au pied ». 
  • Balader votre chien dans la maison puis passez devant l’appât. 
  • Lorsque le chiot montre de l’intérêt et s’approche de l’appât, arrêtez-vous, donnez un petit coup sur la laisse et dites « Non » (une seule fois suffit). 
  • Surveillez les oreilles de votre chiot, vous verrez qu’elles se dressent avec le mot « Non ».
  • Repartez comme si de rien n’était, puis repassez devant plusieurs fois jusqu’à ce que le chiot ait compris (il a comprit à partir du moment où il ne cherche plus à s’en approcher).
  • Dans le cas où le chiot serait vraiment têtu, tirez la laisse en arrière et dites « Non ». Puis recommencez les étapes. Attention, une fois lâché, le chien va courir ou partir en douce vers la friandise, pour ne pas plomber l’exercice, il est préférable de la retirer avant, et de la lui donner suite à une bonne action. Par exemple : donner lui l’ordre assis et récompensez-le.

 

Prenons l’exemple de l’ordre « Assis » :

  • Votre chien ne veut pas s’asseoir donc vous devez lui dire : « Assis… Non… Assis… Non… Assis… ». 
  • Quand finalement votre chien s’assoie, c’est à ce moment là qu’il faut immédiatement le récompenser. 

 

Les erreurs à ne pas commettre

  • Les maîtres qui ont l’habitude de crier le mot « Nooooooooon ! » : Crier après un chien est considéré par celui-ci comme de l’aboiement. Or, le faite d’aboyer incite le chiot au jeu, à l’excitation ou à la peur, mais en aucun cas au calme. De plus, si c’est pour faire bonne figure ce n’est pas du tout ce qui arrive puisque le monde extérieur ne peut que constater un manque de contrôle de vous-même et du chien. Il est donc préférable de rester sec et ferme, savoir imposer un « Non » de par l’intonation du mot et non pas par votre puissance vocale. La voix ne doit pas être négative, ferme mais pas agressive.
  • Le « Non » utilisé de façon répétitive : Un chien ne parle pas notre langue. Il apprend des ordres, des ordres qui sont des mots simples que l’on positionne dans un ou plusieurs contextes pour lui faire comprendre le comportement à adopter. Or, « Non Non Non Non Nooon ! Ne fait pas ça! » Est totalement différent de « Non ».
  • Abus du « Non » : N’usez pas du « Non » pour tout et n’importe quoi. Réservez le pour un cas de force majeur, et si vous constatez que votre loulou se balade dans vos fleurs par exemple, vous pouvez utiliser le « Pas toucher » ou détourner son attention pour l’amener à faire autre chose sans lui parler sans lui porter aucun intérêt. Par exemple partez brusquement en courant lourdement dans le sens opposé du chien.
  • Le « Non » mal placé : Beaucoup de personnes prononcent le « Non » à leur chien au mauvais moment, sans même le savoir eux-mêmes pour la plupart. Exemple le plus courant : un chien a fait pipi dans le salon depuis quelques minutes, son propriétaire s’en aperçoit, va chercher son chien, lui montre le pipi et lui dit « Non » (je passe les détailles de ceux qui le réprimande plus lourdement et lui mettent le nez dedans). Croyez-vous sincèrement que le chien a compris que vous lui dites « Non » parce qu’il ne fallait pas qu’il fasse pipi dans le salon ? Utilisez uniquement le « Non » pour anticiper ou lorsque c’est pris sur le fait, sinon le « Non » n’a aucune signification.
  • Le « Non » constamment suivi du nom : « Dolly Non », clairement utilisé trop souvent de cette manière, le « Non » fait parti intégrante du nom du chien. Il n’entend même plus que c’est un ordre. Il est préférable d’utiliser le « Non » tout seul. Ou au moins de ne pas toujours le faire suivre du nom. 
  • Un dernier conseil, dans les premiers temps de l’éducation évitez d’utiliser l’ordre « Non » en dehors du temps d’exercice de dressage. Si votre chien fait des bêtises chez vous (et il en fera !) tapez dans vos mains au lieu de dire « Non ». Si après quelques exercices vous voyez qu’il a bien assimilé l’ordre non alors vous pourrez l’utiliser au quotidien.

 

Conclusion

Si vous éduquer votre chien à l’ordre « Non » celui-ci comprendra qu’il fait une erreur mais le dressage ne doit pas s’arrêter la.
C’est à vous de lui montrer le comportement que vous attendez de lui pour qu’il sache comment réagir les fois suivantes. Le mot « Non » ne doit pas être une punition pour votre chien mais plutôt une introduction au bon comportement et donc à la récompense.

 

 

Sources :

Comment parler chien ; un livre de Stanley Coren

Assis ! Couché ! Pas bougé ! ; un livre de Gwen Bailey

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