Education #1 : Quelle méthode utilisée pour éduquer votre chien ?

La méthode d’éducation que les maîtres vont utiliser pour éduquer leur chien doit être le fil rouge pour tout apprentissage.

Toutes les méthodes existantes sont bâtit sur le rapport que l’homme pense être celui du chien à l’état naturel. La théorie de la hiérarchie (dominant/dominé) et le principe de meute chez les loups et les chiens a été longtemps considérée comme une exactitude indiscutable alors qu’en réalité et grâce aux dernières découvertes, on se rend compte que cette théorie est… très discutable! Le loup ne serait pas le seul ancêtre du chien mais ce dernier proviendrait de plusieurs espèces de canidés différentes.

Pour poursuivre, il est insensé de penser que le comportement actuel d’un animal puisse être défini avec exactitude par celui d’une espèce voisine : avons-nous des interactions sociales semblables à celles des bonobos ou des chimpanzés?

Toutefois la hiérarchie chez le chien existe, elle est contextuelle et situationnelle : en constante mouvance et dépend de l’environnement, des enjeux et des individus en interaction. Un chien prendra le dessus sur un autre en fonction de ses préférences et de ses motivations. Il faut cependant comprendre que tous les chiens ont des préférences et des limites différentes, ce qui fait en sorte qu’un individu puisse être « dominant » dans un cas et « soumis » dans l’autre.

 

La méthode traditionnelle

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La méthode d’éducation canine traditionnelle est basée sur l’ancienne approche employée par l’armée. Elle s’appuie sur la théorie de la hiérarchie et de la dominance qui repose en partie sur le principe de la punition pour faire comprendre au chien à quel moment il se comporte mal.

Cette méthode semble avoir des avantages avec ses résultats rapides mais ses fondements ne tiennent malheureusement pas compte de la sensibilité de chaque animal, des dernières découvertes scientifiques et des besoins de nos amis canins qui sont destinés à être des compagnons de vie.

La méthode traditionnelle d’éducation canine fonctionne comme ceci : le chien est récompensé lorsqu’il adopte le comportement souhaité et il est sévèrement sanctionné dans le cas contraire.

Des règles et des accessoires sont utilisés pour appliquer une forme de punition :

  • la sanction (comme la récompense) doit intervenir au bon moment pour être utile
  • une punition doit être adaptée en fonction de la personnalité, de la taille et de la race du chien et de la faute commise (une sanction trop faible peut être répétée 15 à 20 fois sans résultats concluants et une sanction trop forte peut bloquer le chien)
  • des accessoires sont fréquemment utilisés comme la laisse, les colliers étrangleurs ou l’usage de la force des bras.

Cette méthode est encore utilisée par certains dresseurs de chiens. Et pour la plupart d’entres eux, cela est due à un manque d’informations (n’ayant pas mis à jour les techniques et les théories de ces dernières années) ou à une transmissions d’informations erronées ou encore à des facteurs humains comme la difficulté de changer d’habitudes, de perceptions, de mentalités…

 

Education canine positive et amicale

Dans les années 1970, Joseph Ortega, un éthologue de terrain, s’est inspiré de l’observation des loups sauvage pour créer une nouvelle méthode de dressage dite « douce » : la méthode naturelle.

Résultat de recherche d'images pour "hommes et loups"L’éducation canine méthode naturelle n’utilise pas la punition et se base sur le principe qu’une hiérarchie doit être respectée, comme chez les loups. Cette méthode est courante en France, pratiquée dans les clubs canins et les écoles des chiots.

C’est une méthode d’éducation plus longue mais plus harmonieuse : basée sur la récompense et le jeu. L’enseignement est plus long qu’en éducation punitive, mais beaucoup plus agréable pour tous, et plus durable. Les récompenses augmentent les chances de reproduction d’un comportement souhaité par le maître et permettent aussi d’établir une relation harmonieuse entre le chien et la famille. Il est en effet plus agréable pour chacun de rechercher une situation qui entraîne des caresses plutôt que des coups !

Les règles principales de cette éducation sont les suivantes :

  • la récompense sera fréquente et donnée, au départ de l’apprentissage, chaque fois que l’animal aura agi comme le maître le souhaitait
  • remplacement progressif des récompenses a base de nourriture par des caresses. Nous constaterons que les récompenses seront ensuite espacées et que le comportement souhaité subsistera
  • la synchronisation est également primordiale : par exemple, vous saisirez le moment où le chien s’assoit pour lui dire :  » Assis !  » puis le récompenser. Le chien associera alors votre joie ou une friandise au fait qu’il sera assis. Il essaiera de recommencer, soit pour vous faire plaisir, soit pour obtenir à nouveau une « douceur ».

L’avantage de la méthode de Joseph Ortega est qu’elle a enfin offert une alternative « non violente » à la méthode traditionnelle mais cette méthode n’est pas parfaite. En effet, elle trouve son fondement sur l’observation d’un animal, le loup, qui n’est pas le seul ancêtre du chien. Cette éducation impose donc en parallèle une hiérarchie homme/animal qui peut faire faire des choses inutiles et peu respectueuse de l’animal qui partage votre vie.

 

Conclusion

Image associéePour réussir l’éducation de son chien, il est important de comprendre comment fonctionne son processus d’apprentissage. Le désir d’avoir quelque chose d’agréable (la récompense) va provoquer une motivation chez votre chien qui facilite l’apprentissage. Plus la motivation est forte et plus le dressage sera rapide.

L’éducation canine positive et amicale est basée sur une connaissance scientifique (éthologie, principes de l’apprentissage…) et sur une volonté de communiquer avec un animal avec lequel nous ne partageons pas la même façon de voir le monde. La nourriture, l’objet du jeu, l’imitation, les attitudes positives du maître (compliments, joie, caresses), les situations qu’il aime (la promenade par exemple), le jeu et la motivation, voilà ce qu’il faut pour réussir cette éducation. Toutefois cela ne veut pas dire que la punition soit exclue de notre style d’éducation, mais on doit la réserver à des situations très particulières et y recourir le moins souvent possible.

Cette approche du chien (je dis bien « approche » et non pas « méthode » car, en adhérant à ses principes, il est important de prendre en compte le chien dans sa globalité et non de se borner uniquement à vouloir lui apprendre « assis » ou « couché ») commence à rassembler de plus en plus d’acteurs du monde canin mais ses principes sont également applicables au dressage d’autres animaux avec lesquels il serait impossible ou dangereux d’utiliser la coercition. Pourquoi devrait-il en être autrement pour nos chiens que nous sommes censés avoir désirés et aimés ?

 

 

Sources :

Assis ! Couché ! Pas bougé ! ; un livre de Gwen Bailey

Dans la peau d’un chien ; un livre d’Alexandra Horowitz

wamiz.com

ouafmag.com

demaindemaitre.ca

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