Curiosité #7 : Les chiens ont-ils le sens de la morale ?

L’usage de la force n’est pas la loi universelle du monde animal : de nombreux animaux manifestent des actes de tolérance, de conciliation et de partage. Chez les macaques, il arrive que les membres d’un groupe soient plus tolérants envers un individu handicapé. Pour autant, peut-on dire qu’ils agissent par sens moral ?

Tous les éthologistes ne s’accordent par sur la réponse, notamment parce qu’elle dépend de la définition donnée à la morale – cette définition n’étant d’ailleurs pas toujours précisée par les chercheurs qui travaillent sur le sujet. Selon le primatologue Frans de Waal, certains singes et d’autres animaux font preuve d’altruisme et d’empathie : ils comprendraient les besoins des autres et pourraient sacrifier leur intérêt individuel au profit de la communauté, par exemple en risquant une blessure pour apporter leur soutien à un compagnon en détresse.

Et quant est-il pour les chiens ?

 

L’étude japonaise

En janvier 2015, la loi française reconnaissait (enfin) à l’animal sa nature d’être vivant et sensible. Mais pour beaucoup, le sens de la morale reste encore propre à l’être humain. Un point de vue une nouvelle fois remis en question par une étude japonaise qui s’est intéressée plus particulièrement au comportement du chien.

La plupart des humains préfèrent échanger avec des personnes qu’ils estiment justes, voire utiles. Mais qu’en est-il des animaux en général ? Et du chien, le meilleur ami de l’Homme, en particulier ? C’est la question à laquelle des chercheurs de Kyoto (Japon), menés par le professeur James Anderson, tentent de répondre dans un article publié dans la revue Neuroscience and Biobehavioral Reviews. Selon eux, les chiens se montreraient effectivement plus réservés envers ceux des humains les moins soucieux de leurs prochains.

Une conclusion qu’ils tirent d’une expérience plutôt basique. Le chien est mis en présence de son maître et de deux inconnus. Son maître essaie alors d’ouvrir une boîte. Les inconnus le regardent, les bras croisés, offrent leur aide ou la refusent. Les inconnus proposent ensuite une friandise au chien. Et il s’avère que celui-ci accepte plus volontiers celle venant d’une personne qui a prêté main-forte à son maître.

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Des études ont déjà montré que les singes ont une aversion naturelle pour l’iniquité. Ils savent même faire preuve d’empathie, et ce, au-delà de la barrière de leur espèce. Des résultats confirmés par les chercheurs de l’université de Kyoto qui ont réalisé le même type d’expérience que celle avec les chiens, avec des singes capucins

 

Un sens moral inné ?

De là à conclure que les chiens savent discerner le bien du mal dans les actions de tiers — des humains, en l’occurrence —, il n’y a qu’un pas que les psychologues de l’université de Kyoto ont choisi de franchir. Encouragés peut-être par un précédent résultat : en 2011 dans la même université il avait été démontré que les chiens préféraient les personnes « donnant de l’argent à des mendiants à ceux qui refusaient ». la réponse est donc là : Oui, Médor et Rex vous jugent… en permanence et montrerait donc que les chiens préfèrent les personnes généreuses aux autres.

 

Conclusion

Ces études sont bien entendues à prendre avec des pincettes mais de plus en plus de chercheurs pensent que nos chiens seraient capables d’émettre des jugements sociaux. Ils seraient certes basiques, mais semblables à ceux dont font preuve nos enfants dans leur plus jeune âge. Un indice, peut-être, du caractère inné des bases de la morale.

 

 

Sources :

futura-sciences.com

pourlascience.fr

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