Curiosité #15 : Les 59 gènes qui font de votre chien un athlète

En 2003, le génome d’une caniche appelée Shadow a été déchiffré mais uniquement à 75%.

Il faudra attendre 2 ans de plus, pour compléter le reste du travail. Ainsi, en décembre 2005, la revue Nature publiait la séquence complète (à 99%) du génome du chien essentiellement réalisée par le BROAD Institute (Boston, MA, États-Unis). Ainsi, après ceux de l’homme, de la souris, du rat et du chimpanzé, le chien a été choisi pour compléter cette liste déjà impressionnante de génomes pour lesquels une connaissance très approfondie est maintenant disponible.

Aujourd’hui, une base de données mondiale renferme plus de 700 génomes de chiens. De quoi rechercher les liens entre gènes et caractéristiques physiques. Et cette fois, des chercheurs se sont posé la question des qualités athlétiques de nos compagnons à quatre pattes.

 

La génétique, c’est aussi une aide pour comprendre les chiens

Résultat de recherche d'images pour "chien génome"Pas besoin d’avoir suivi de longues études pour remarquer que les chiens – selon leur race généralement – n’affichent pas tous les mêmes capacités physiques. Mais des généticiens rapportent aujourd’hui avoir identifié les 59 gènes qui seraient responsables de ces qualités. De quoi, assurent-ils, comprendre ce qui peut faire la différence entre des athlètes et des sportifs du dimanche. Y compris chez nous, les êtres humains.

Car le chien, avec toutes les sélections qu’il a subies au fil des siècles, représente un système unique et puissant pour étudier comment les génotypes – comprenez des ensembles de gènes – produisent des phénotypes particuliers – comprenez des ensembles de caractéristiques observables.

 

Des questions restent en suspens

Des chercheurs ont ainsi identifié 59 gènes plus présents chez les chiens de chasse sportive que chez les terriers. Des gènes liés à des traits tels que le débit sanguin, la fréquence cardiaque, la force musculaire ou encore la perception de la douleur physique et qui semblent en faire de véritables athlètes.

Pour valider cette théorie, ils ont cherché ces mêmes gènes dans l’ADN de chiens brillants en agility – sorte de parcours du combattant pour chien – (border collie et berger des Shetland) et de fait, supposés athlétiques. Et il semblerait que dans ce cas, un seul gène fasse en fait la différence : celui associé à des capacités… d’apprentissage ! Une preuve de plus qu’une sélection comportementale peut modifier la physiologie des races.

 

Conclusion

Le chien est un extraordinaire modèle pour l’analyse des relations génotype-phénotype et pour comprendre les modalités de la ségrégation de caractères anatomiques. Quels sont les gènes – et pour chacun quels allèles – qui contrôlent le développement du crâne, du nez, des pattes… ou cette extrême diversité de robe et de pelage pour ne citer que quelques traits phénotypiques ? Les fondements génétiques de la diversité comportementale et d’aptitude qui ségrèguent dans les diverses races canines sont aussi un sujet d’interrogation qui pourra être abordé désormais par la délimitation des régions génomiques soumises à la pression de sélection exercée de façon particulière dans chaque race.

L’importance de ce travail réside dans le fait que le chien présente une grande diversité morphologique et comportementale avec une prévalence assez élevée de maladies que l’on rencontre également chez l’homme : cancers, maladies cardiaques, cataractes, surdité, épilepsie…

C’est donc un outil précieux pour comprendre l’origine génétique de maladies communes aux deux espèces.

 

 

Sources :

sciencemag.org

futura-sciences.com

medecinesciences.org

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