Curiosité #10 : Avoir un chien, c’est bon pour la santé

Le chien pourrait-il devenir bientôt le meilleur ami… de la santé de l’Homme ? C’est en tout cas ce que laisse entendre des études scientifiques d’une ampleur inégalée. Celles-ci concluent en effet que les propriétaires de chiens vivent en meilleure santé que les autres.

 

Diminution de l’asthme et des allergies

Bien plus que de simples animaux domestiques, les chiens sont aussi de précieux alliés pour notre santé. De plus en plus d’études montrent par exemple que la compagnie d’un chien pendant les premières années de vie diminue les risques d’allergies. Pourquoi ? Dans une étude récente, publiée dans la revue Pnas, des chercheurs de l’université de Californie à San Francisco (États-Unis) ont éclairci le mystère. Selon eux, les chiens remanieraient la flore intestinale de jeunes souris, ce qui permettrait aux rongeurs de mieux lutter contre les allergies.

Dans le monde, l'asthme touche 3 millions de personnes et en tue 250.000. Pourrait-on soigner cette maladie avec des probiotiques ? © PNASH, Flickr, cc by nc sa 2.0

Dans le monde, l’asthme touche 3 millions de personnes et en tue 250.000. Pourrait-on soigner cette maladie avec des probiotiques ?

Plus récemment, Susan Lynch, une microbiologiste de l’université de Californie, s’est intéressée de plus près à la question. Elle a montré que les chiens transportaient les bactéries de l’environnement dans la maison, lesquels se retrouvaient ensuite dans le tube digestif de leur maîtres. Avec son équipe, elle s’est alors demandé si ces nouvelles bactéries, une fois installées dans l’intestin, participaient à la protection contre les allergies et l’asthme. Pour répondre à cette question, les chercheurs ont collecté des échantillons de poussière provenant d’une maison sans animaux ou d’une habitation avec un chien. Ils ont alors mixé ces prélèvements avec de l’eau et les ont donnés à manger à de jeunes souris. Enfin, ils ont nourri les animaux avec des cafards broyés ou des protéines d’œufs, deux substances connues pour induire une réaction allergique à la fois chez l’Homme et les rongeurs.

Leurs résultats sont sans appel. Les souris ayant consommé les poussières canines n’ont présenté que peu, voire aucun, signes de réactions allergiques. En revanche, les autres ont développé certains symptômes caractéristiques, équivalents à ceux d’un rhume chez l’Homme. D’autre part, les souris peu allergiques contenaient moins de cellules immunitaires associées aux réactions inflammatoire que les autres.

Les auteurs ont ensuite analysé la composition de la flore intestinale des deux types de souris, avant et après l’ingestion des poussières. Ils ont montré que les rongeurs exposés aux saletés canines possédaient une quantité beaucoup plus importante de bactéries de l’espèce Lactobacillus johnsonii que les autres. Ils ont alors nourri des souris avec cette bactérie et ont obtenu les mêmes résultats qu’avec de la poussière canine : les rongeurs sont devenus beaucoup moins sensibles aux allergies !

« L’ensemble de ce travail montre qu’il est important de s’exposer à l’environnement, indique John Penders, un épidémiologiste de l’université de Maastricht (Pays-bas). Cela influence la flore intestinale et nous protège contre les allergies. » Même si de nombreuses recherches sont encore nécessaires, cette étude ouvre la voie vers le développement de probiotiques pour traiter les allergies. Ainsi, après l’obésité, la dépression, le diabète, le cancer et l’autisme, les bactéries pourraient également représenter une thérapeutique prometteuse de lutte contre l’asthme chez l’enfant.

 

Diminution des infections chez les jeunes bébés

Les bébés au contact de chiens de compagnie attrapent moins d’infections de l’oreille et d’affections respiratoires que ceux dont les domiciles n’abritent aucun animal, conclut une étude américaine publiée ce lundi dans la revue américaine Pediatrics. Elle n’en explique pas les raisons, mais suggère que vivre au contact d’un chien qui passe au moins une partie de sa journée à l’extérieur pourrait renforcer le système immunitaire d’un enfant dans la première année de sa vie. Les chats, également, semblent fournir une certaine protection aux bébés, bien que l’effet observé ait été plus faible qu’avec les chiens.

La recherche a porté sur 397 bébés finlandais dont les parents ont consigné quotidiennement dans un journal l’état de santé durant la première année, de l’âge de 9 semaines à 52 semaines.

Dans l’ensemble, les bébés avec des chats ou des chiens à domicile étaient environ 30 % moins enclins à manifester les symptômes d’affections respiratoires – incluant la toux, le sifflement, la rhinite (nez bouché ou qui coule) et fièvre – et environ moitié moins enclins à développer des infections de l’oreille. « Si les enfants avaient des contacts avec un chien ou un chat à domicile, ils étaient en bien meilleure santé pendant la période d’étude », affirme l’analyse menée par des experts du Kuopio University Hospital, en Finlande. La protection la plus efficace a été observée chez les enfants dont le chien était présent à l’intérieur de la maison jusqu’à 6 heures par jour, par rapport aux enfants qui n’avaient pas de chien ou qui passait son temps dehors.

Avoir un animal de compagnie stimulerait le système immunitaire et donc les leucocytes (ou globules blancs) comme sur cette image. Aucune raison d'avoir peur des chiens et des chats ! © Anne Weston, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Avoir un animal de compagnie stimulerait le système immunitaire et donc les leucocytes (ou globules blancs) comme sur cette image. Aucune raison d’avoir peur des chiens et des chats !

 » Nous montrons des premières preuves que la possession d’un chien peut être protectrice contre les infections de l’appareil respiratoire pendant la première année de la vie » rapporte l’étude.  » Nous faisons l’hypothèse que les contacts animaux pourraient aider à faire mûrir le système immunitaire, menant à des réponses immunitaires plus efficaces et à des périodes d’infection plus courtes. » 

L’amélioration a été significative, même après que les chercheurs ont écarté d’autres facteurs qui pourraient renforcer le risque d’infection, comme le fait de ne pas avoir été allaité, de fréquenter une crèche, d’être élevé par des fumeurs ou des parents asthmatiques, ou d’avoir des sœurs ou des frères plus âgés dans la famille.

En plus d’avoir moins fréquemment des infections de l’oreille et des affections respiratoires, les bébés proches de chiens nécessitaient en moyenne moins de traitements antibiotiques par rapport à ceux élevés dans des domiciles sans animal domestique.

Des travaux précédents ont montré des résultats contradictoires, certaines ne trouvant aucun bénéfice pour les jeunes enfants à vivre à proximité d’animaux à fourrure, d’autres trouvant que le contact animal semble offrir une certaine protection contre les rhumes et les affections de l’estomac. Les auteurs de l’étude expliquent que leur travail diffère des analyses précédentes car il se concentre uniquement sur la première année après la naissance et n’inclut pas d’enfants plus âgés.

 

Diminution du risque de décès prématuré

Une étude suédoise d’une ampleur inégalée semble notamment montrer le bénéfice de posséder un chien pour les personnes vivants seules. D’autant plus que les célibataires constituent un groupe particulièrement à risque concernant, entre autres, les maladies cardiovasculaires. Les chercheurs de l’université d’Uppsala ont constatés, chez les célibataires donc, une réduction des risques de décès prématuré allant jusqu’à 33 % et une diminution de 11 % des maladies cardiovasculaires.

Le chien apparaît comme un facteur de protection, et plus particulièrement pour les personnes vivant seules. Et ces effets positifs seraient plus particulièrement marqués lorsque le chien en question est un chien de chasse. Ou du moins d’une race initialement destinée à la chasse, comme les terriers, les retrievers ou les beagles. De quoi, peut-être, donner un indice sur le mode d’action de cet avantage supposé pour la santé, de posséder un chien.
Si les propriétaires de braques de Weimar (ici en photo) — ou d’autres chiens d’arrêt — semblent les plus avantagés parmi les propriétaires de chiens, pour une raison qui reste inexpliquée, les propriétaires de bâtards semblent, eux, plus enclins à développer des maladies cardiovasculaires que la moyenne ! © ElvisClooth, Pixabay, CC0 Creative Commons

Si les propriétaires de braques de Weimar (ici en photo) — ou d’autres chiens d’arrêt — semblent les plus avantagés parmi les propriétaires de chiens, pour une raison qui reste inexpliquée, les propriétaires de bâtards semblent, eux, plus enclins à développer des maladies cardiovasculaires que la moyenne !

« Nous ne savons encore pas grand-chose du comment du pourquoi, reconnaît Tove Fall, l’un des chercheurs responsables de l’étude. Nous savons que les propriétaires de chiens font généralement plus d’exercices physiques que la moyenne. Mais peut-être que les effets positifs d’un chien sur la santé vont plus loin. Ainsi un chien permet de multiplier les contacts sociaux et de renforcer la sensation de bien-être. »

Sachez qu’en Suède, les propriétaires de chiens sont identifiés dans une base de données. Tout comme le sont les personnes hospitalisées. C’est donc par simple recoupement de données que les chercheurs de l’université d’Uppsala ont procédé. La méthode, malgré le nombre de données récoltées, peut sembler quelque peu légère. Car s’il permet de montrer une corrélation, il est plus difficile d’en conclure une causalité.

Cette étude révèle-t-elle bien un effet positif du chien sur la santé de son propriétaire ? Ou met-elle seulement en lumière des différences sociologiques et de personnalité entre ceux qui font le choix de vivre avec un chien et ceux qui évitent ce type de compagnie animale ? Les propriétaires de chiens sont en effet peut-être, par nature, des personnes plus actives et donc en meilleure santé que les autres. Certains ne possèdent peut-être pas de chien parce que leur santé déjà fragile ne leur permettrait que difficilement d’en prendre soin. Les chercheurs suédois le reconnaissent eux-mêmes. Pour apporter une réponse définitive, d’autres études seront nécessaires.

 

Conclusion

Les études vantant les bienfaits d’un chien à la maison n’en finissent plus de tomber. Il semblerait que les chiens protègent contre l’asthme, les allergies et qu’ils protègent les bébés des infections. Plus largement encore, une dernière étude menée sur 12 ans et sur plus de 3,4 millions de Suédois âgés de 40 à 80 ans, sans antécédents cardiovasculaires au lancement de l’opération, conclut que le risque de décès prématuré ou de déclaration d’une maladie cardiovasculaire est moindre chez les propriétaires de chiens.

 

 

Sources :

futura-sciences.com

pnas.org

pediatrics.aappublications.org

 

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